La fortune, loin de faire
accéder au vrai bonheur, plonge souvent l’homme dans le désespoir, la
mélancolie. C’est ce qui ressort de l’interpellation de Boèce par la Dame
Philosophie: «si tu penses ne pas avoir de chance parce que tes prétendues
joies s’en sont allées, tu n’as pas de raison de t’estimer malheureux, étant
donné que tes prétendues peines ne font que passer. »[1] C’est dire en d’autres
termes que la fortune, après avoir fait de Boèce un homme riche, épanoui, un
don juan et respecté dans l’empire romain, peut s’étioler brusquement, laissant
derrière lui un vide existentiel et des incertitudes d’une vie meilleure.
Introduction
La société de consommation a
triomphé ; elle est même devenue une société d’hyperconsommation. Elle nous
impose des modes de vie qui nous font courir derrière les biens matériels ;
ceux-ci nous encombrent et nous empêchent de nous élever. «A proprement parler,
les hommes de l’opulence ne sont plus tellement environnés, comme ils le furent
de tout temps, par d’autres hommes que par des objets. Leur commerce quotidien
n’est plus tellement celui de leurs semblables que, statistiquement selon une
courbe croissante, la réception et la manipulation des biens et de messages,
depuis l’organisation domestique très complexe et ses dizaines d’esclaves
techniques jusqu’au mobilier urbain et toute la machinerie matérielle des
communications et des activités professionnelles, jusqu’au spectacle permanent
de la célébration de l’objet dans la publicité et les centaines de messages
journaliers venus des mass médias... »[2]
Cet
encombrement matériel n’est pas sans nous rappeler la prescription biblique qui
enjoignait les disciples à ne point s’encombrer. Mais la réalité nous convainc du contraire : les hommes se
battent aujourd’hui sous bien des formes au nom du matériel. Même les
intellectuels qui devraient y observer un certain détachement. La conséquence
de cette course effrénée vers le matériel est le net recul de l’esprit. Dans
ces conditions, notre connaissance devient illusoire ; celle-ci peut conduire,
à la longue, à une crise d’identité personnelle. Il appartient à l’homme de
reprendre la main en réinvestissant le monde par la pensée. Aussi estimons-nous
que c’est par la connaissance philosophique que l’homme doit se comprendre,
dégager le sens du monde qu’il habite et, pourquoi pas, aspirer à un bonheur
véritable.
Ainsi pour bien cerner cette
problématique, nous partons du constat du bonheur illusoire fondé sur la
fortune et ses conséquences avant de montrer comment Boèce a pu se réaliser en
tant qu’homme libre dans la conversion philosophique et l’imagination poétique,
par l’évaluation de la réalité présente et la projection de l’avenir. Et cela
en trois points, à savoir : l’examen de la nature de la Fortune, la conversion
proprement dite et la réalisation de l’homme dans l’amitié.
I. Constat
Philosophe, Boèce fut aussi
« un grand aristocrate romain »[3] jusqu’à la fin de sa vie.
Noble, il a grandi dans la fortune, identifiée aux richesses matérielles, aux
honneurs et au pouvoir pareil à un fils unique vachement choyé tel que le
témoigne la Dame Philosophie: «je t’ai élevé en y mettant tout mon cœur, je
t’ai beaucoup gâté, je t’ai fait bénéficier d’une vie d’opulence et de luxe,
autant qu’il était en mon pouvoir ... souviens-toi de l’heureux jour où tu vis
ses fils se faire escorter par la foule de sénateurs et le peuple en liesse, où
tu prononças le panégyrique du Roi qui rendit célèbre ton intelligence et ton
éloquence »[4].
La fortune se caractérise
par la duplicité que Dame philosophie qualifie de «constance dans
l’inconstance»[5],
voire un monstre bicéphale. Elle présente, en effet, un double visage : l’un,
le vrai, toujours dissimulé aux hommes ; l’autre, le masque, très familier à
nous. Par vrai visage, il faut entendre le caractère non durable et fragile de
la fortune qui échappe à l’homme. Le vrai bonheur s’identifie à cette fortune
toujours fuyante qu’est la connaissance vraie, Il faut s’aviser que l’homme de
notre temps «marche vers un horizon qui s’évapore à mesure qu’il pense s’en
rapprocher, toute solution apportant avec elle de nouveaux dilemmes. Chaque
fois le bonheur est à réinventer et nul ne détient les clés qui ouvrent les
portes de la terre promise. »[6] Tandis que le masque est la figure séductrice
que la Fortune nous présente régulièrement.
Bien que la Fortune soit
donnée sous forme de richesse matérielle, d’honneur et de pouvoir à Boèce, il
n’en bénéficie néanmoins pas comme des biens qui lui appartiennent en propre.
«Tu devrais me remercier, note la Fortune, d’avoir eu l’usufruit de biens qui
ne t’appartenaient et tu n’as pas le droit de te plaindre comme situ avais
perdu tes propres biens »[7].
Quant à la valeur de la
Fortune, il est important de rappeler le caractère illusoire du bonheur qu’elle
a procuré à Boèce, avec la dépossession des richesses matérielles. Mais la
Fortune peut rendre service à l’homme lorsqu’elle se découvre, lève le masque
et proclame ses façons de faire, c’est-à-dire lorsqu’elle dévoile à l’homme sa
vraie nature, et lui permet de se comporter en conséquence.
S’il est vrai que le bonheur
qui reste tout de même le souverain bien n’est pas quelque chose qu’on puisse
nous arracher de quelque façon, puisqu’il n’y arien
au-dessus de ce qui ne peut nous être enlevé, il est clair que l’instabilité de
la Fortune ne peut prétendre à la connaissance du bonheur. De plus, celui qui
s’abandonne à ce bonheur éphémère ignore sa propre versatilité. S’il ne le sait
pas, comment parler de bonheur à propos d’un état marqué par l’ignorance? Les
ignorants se prennent souvent pour des savants et revendiquent, du coup, une
reconnaissance à laquelle on devrait y attacher quelques honneurs: Les sages
courant derrière le matériel ressemblent bien aux intellectuels imbéciles, dont
parle Georges Bemanos, Ceux-ci font profession d’intelligence sans posséder une
véritable capacité créatrice, préfèrent s’encombrer des biens que de s’entourer
des hommes et développent souvent un sentiment de haine vis-à-vis de l’autre.
Ces faux sages devraient se sentir interpellés par cette boutade augustinienne
qui voit dans les hommes « une race curieuse de la vie d’autrui, mais
paresseuse à redresser la sienne. Pourquoi s’informent-ils de ce que je suis,
quand ils refusent d’apprendre de toi ce qu’ils sont ? »[8] Cette fermeture à l’autre
qui caractérise les « intellectuels imbéciles » génère l’égoïsme mais surtout
beaucoup de haine quand ce type d’intellectuels fait la course aux honneurs.
Pour les honneurs, ils sont prêts à tout, jusqu’au sacrifice de la vie d’autrui
dès lors que celui-ci semble constituer un obstacle majeur pour eux. Un
intellectuel qui chasse le matériel jusqu’à l’encombrement est d’une
vulnérabilité telle qu’il peut, lorsqu’une charge publique lui est confiée,
trahir le pays pour si peu. L’honneur dont il s’entoure n’en est pas un mais il
se transforme en gloriole.
Le véritable honneur est
fonction d’un mérite et non d’une charge honorifique, comme le croyait Boèce.
Il s’agit de constater que l’on jouit de la considération chaque fois que les
mérites font accéder à l’exercice d’une charge honorifique. Mais surtout, le
mérite doit s’accompagner d’une action qui puisse participer à la dignité et à
l’élévation de ses compatriotes ou de l’autre. Ceci veut dire qu’il arrive des
fois où certains intellectuels exercent des charges honorifiques sans posséder
le moindre mérite. C’est alors que le clientélisme politique fait son entrée
dans la vie de cet intellectuel. Le mandat de ce type d’intellectuel est
souvent ponctué des frictions interpersonnelles à n’en pas finir. Il s’accroche
à son poste en usant de machiavélisme; l’essentiel étant que ses honneurs
soient saufs.
En plus des honneurs
derrière lesquels l’intellectuel imbécile court, il faut lui reconnaître une autre
caractéristique : c’est l’habileté consommée à user du mensonge dans le but
d’écarter de son chemin ceux qui n’approuvent pas du tout sa conduite de la
chose publique. Ainsi réunit-il en lui tous les attributs du dictateur: «Il
absorbe toutes les valeurs dans les siennes, réduit aux siennes mutes les vues.
li fait des autres individus des instruments de sa pensée, qu’il entend qu’on
croie la plus juste et la plus perspicace, puisqu’elle ‘s’est montrée la plus
audacieuse et la plus heureuse dans le moment du trouble et de l’égarement
public... Parmi les choses dissipées, la liberté. Beaucoup se résignent
aisément à cette perte (...). L’image de la dictature est la réponse inévitable
(et comme instinctive) de l’esprit quand il ne reconnaît plus dans la conduite
des affaires, l’autorité, la continuité, l’unité, qui sont les marques de la
volonté réfléchie et de l’empire de la connaissance organisée. »[9]
Dans l’exercice d’une charge
honorifique, l’important n’est pas de régner sur les autres, mais de parvenir à
la maitrise de soi. Dans ce contexte, le crapuleux, manquant de maîtrise de
soi, ne peut accéder au pouvoir Il faudrait plutôt un esprit libre, celui-là
même qui ne vient pas ôter à une pensée qui tient sa cohérence d’une raison
inébranlable Curieusement, par ses ambitions politiques, Boèce a cru se rendre
également célèbre avec pour objectif, s’immortaliser en accédant au pouvoir
public « J’ai souhaité, dit-il, trouver l’occasion de faire de la politique
afin d’éviter à mon mente de dépérir pour être resté inemployé»[10].
II. La crise et conversion de Boèce
Il n’est de secret pour
personne la mélancolie et le désespoir sont des maladies philosophiques dont
souffrent souvent les prisonniers En fait de prisonnier, il n’est pas que ceux
qui ont commis des infractions à la loi ,ceux qui s’emploient a s’encombrer de
matériel sont de vrais prisonniers La prison du matériel est semblable à cette
caverne ou le prisonnier ne voit que l’ombre du matériel. Partout ! Dans
ces conditions, celui qui court derrière le matériel-bonheur vit dans
l’inquiétude, cultivant au passage une vraie passion pour le matériel en
consacrant au passage le primat de l’avoir sur l’être Devant les biens
périssables de ce monde, un vrai sage ressentirait une pointe de douleur qui
l’éveillerait à lui-même La claire conscience de l’illusion du bonheur par le
matériel amènerait notre sage à comprendre qu’on a «plus de bonheur par
l’imagination que par les biens réels.»[11] Autrement dit, on est intellectuel par la
production des œuvres de l’esprit que par le matériel.
Il faut comprendre par-là la
vraie nature de l’illusion de bonheur. Le bonheur nous fuit comme une ombre ;
et le vrai bonheur imaginé, nous ne l’avons jamais. Le bonheur de faire n’est
nullement imaginé ni imaginable ; il n’est jamais que substantiel. «Lorsque
l’on a les biens réels, on croit que tout est dit, et l’on s’assied au lieu de
courir. Il y a deux richesses ; celle qui laisse assis ennuie ; celle qui plaît
est celle qui veut des projets encore et des travaux, comme est pour le paysan
un champ qu’il convoitait et dont il est enfin maître. »[12]
Boèce est mélancolique du
fait de la perte du support de la Fortune dans sa vie. «La mélancolie est
maladie ; et le médecin en peut quelquefois deviner la cause et donner le
remède ; mais ce remède ramène l’attention dans le corps, et le souci que l’on
a de suivre un régime en détruit justement l’effet ; c’est pourquoi le médecin,
s’il est sage te renvoie au philosophe. »[13] Il est vrai qu’en étant
philosophe, l’hôte de la visiteuse parvenait de temps à autre à stigmatiser
l’opportunité des cadeaux de la Fortune. Cependant, en être complètement
dépourvu provoque le plus souvent des sentiments de révolte et de désespoir. «
Tu avais l’habitude, fait remarquer la Dame Philosophie au prisonnier, même
lorsqu’elle (la Fortune) t’accordait ses faveurs, de l’invectiver en des termes
bien sonnés et tu t’acharnais après elle à coup de maximes sorties tout droit
de mon sanctuaire, mais tout brusque changement de situation s’accompagne
inévitablement de sorte de remous dans l’esprit et c’est ainsi que même toi, tu
t’es, pour quelque temps départi de ta tranquillité »[14].
Après avoir stigmatisé la
duplicité de la Fortune, la Dame Philosophie convie son disciple à se
débarrasser de ce qu’il considérait comme étant le vrai bonheur. Le prisonnier
n’a pas de peine à faire l’expérience de la conversion philosophique. Car la
visiteuse l’avait déjà initié et élevé dans son enfance et son adolescence.
La Dame Philosophie, en
réveillant Boèce, le remet sur la voie de l’anamnèse; avec elle, tous les mots,
toutes les notions, tous les enchainements appris et qui avaient été déposés
dans la mémoire redeviennent parole de vie, véhicule en mouvement qui éloigne
l’âme de la tristesse, de la faiblesse, du doute pour la conduire à bon port.
Si la conversion de Boèce est possible, voire rapide, c’est qu’il disposait des
ressources intérieures prêtes à être mises en œuvre.
Par ce réveil, Boèce
commence sa conversion grâce à la prise de conscience de sa situation: «tu as
raison, dis-je, mère nourricière de toutes les vertus etje ne peux nier la
rapidité de mon ascension. Mais c’est ce souvenir qui me cuit tout
particulièrement. En effet, dans tout revers de Fortune, il n’y a pire
malchance que d’avoir eu de la chance »[15].
Qui plus est, dans cette
expérience de la conversion philosophique, Boèce est appelé à tenir bon et à
sécher ses larmes. « Oui, et je prie, dis- je, pour qu’elles tiennent bon tant
qu’elles demeurent, quoi qu’il arrive, je garderai la tête au-dessus de l’eau.
Mais tu vois ce qui reste de mes distinctions honorifiques ».
En clair, la Fortune procure
à l’homme une certaine tranquillité qui l’empêche, étant obnubilé par les
honneurs qu’elle confère, d’y réfléchir profondément, c’est-à-dire évaluer la
nature, les pratiques et la valeur de la Fortune. L’attachement aux biens
matériels et extérieurs à l’homme a aveuglé Boèce, au point d’émousser sa
conscience même de philosophe. D’où l’urgence et la nécessité d’une conversion
philosophique pour sortir de cette crise. Cela d’autant plus que la philosophie
constitue cette instance évaluatrice de la réalité, nécessaire pour la
compréhension de soi et la constitution d’un monde de libre coexistence.
L’ordre des choses fait
qu’un être vivant, image de Dieu, grâce à sa raison, ne puisse se rendre
illustre que par la possession d’un mobilier sans vie. « Les autres êtres
vivants se contentent de ce qu’ils ont, mais vous qui êtes, grâce à votre âme,
à l’image de Dieu, vous cherchez dans les objets sans vous rendre compte de
l’injure que vous faites à votre créateur. Il a voulu, lui, que le genre humain
soit au-dessus de toutes les créatures terrestres et vous, voici que vous vous
avilissez en vous rangeant en-dessous de ce qui existe de plus bas ».
Cependant, il importe de
remarquer que de tous les biens extérieurs à l’homme, il existe quelque chose
pour son épanouissement. Il s’agit de l’amitié. Avec la Fortune, en effet,
l’homme peut se faire des « amis ». L’amitié est, à ce titre, source de
cohésion dans l’espace public, espace dans lequel l’homme ne peut se réaliser
sans l’apport de l’autre. L’altérité est une source d’enrichissement mutuel du
fait que l’autre apprend souvent de moi ce qu’il est en réalité. Ceci est important
dans la mesure où très peu de gens se donnent la peine de vivre la maxime
socratique « Connais-toi toi-même et laisse la nature aux dieux. » Il suffit,
par ailleurs, de substituer la nature par les autres pour poser les fondements
d’une relation interpersonnelle saine. Si donc chacun peut se connaître, il
s’ouvre alors une réelle possibilité d’agir soi-même comme un autre ainsi que
le préconisait Paul Ricœur.
Nous retrouvons plus loin la
même propension à l’amitié chez Aristote, pour qui l’autre vient combler le
vide qui caractérise le soi «avec le besoin et le manque, c’est l’altérité de
l’autre soi qui passe au premier plan. L’ami, en tant qu’il est cet autre que
soi, a pour rôle de pouvoir ce qu’on est incapable de ses procurer par soi-même
»[16], C’est dire en d’autres
termes que nous devons cultiver l’amitié, cette valeur que J.-Fr. Malherbe
considère comme un mode d’existence qui modèle l’être humain et dans lequel, en
relation avec ses semblables, il construit sa destinée[17] Une amitié sincère se mesure
à l’aune de la générosité de ceux qui la contractent. Cette générosité est un
bonheur partagé porté par la dynamique de soi-même comme un autre. Dans le cas
contraire, nous verserions dans l’égoïsme en faisant de notre humeur la loi de
ceux qui nous entourent. « L’égoïste est triste parce qu’il attend le bonheur
(...) ; c’est donc la loi d’ennui et de malheur que l’égoïste impose à ceux qui
l’aiment ou à ceux qui le craignent. Au contraire, la bonne humeur a quelque
chose de généreux ; elle donne plutôt qu’elle ne reçoit. II est bien vrai que
nous devons penser au bonheur d’autrui; mais on ne dit pas assez que ce que
nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c’est encore d’être
heureux. » [18].
Conclusion
Le bonheur reste
l’aspiration de tout être humain. Ce bonheur ne saurait être bâti sur quelque
chose de contingent, de passager. La relecture rapide de la consolation de la
philosophie nous en a donné la preuve. Le vrai bonheur n’est pas dans le
matériel et ne peut pas non plus être construit seul. Raison pour laquelle nous
convions les intellectuels, car Boèce est en quelque sorte leur prototype, à
savoir retrouver la vertu de la vraie connaissance qui ouvre sur le vrai
bonheur plutôt que de courir derrière le matériel et s’en encombrer. L’avancement
du ventre faisant le recul de l’esprit, l’intellectuel qui refuse de se
consoler dans la philosophie (connaissance) finit dans une sorte morosité
existentielle qui le conduit a ne jamais aimer le bien d’autrui Bien plus,
l’intellectuel égoïste ne passe son existence qu’à se plaindre de n’en avoir
jamais assez, Ii perd de vue cette autre règle du bonheur ne jamais parler aux
autres de ses propres malheurs, présents ou passés. Les plaintes sur soi, en
plus d’attrister les autres finissent par leur déplaire. Leur attitude est mal
perçue par celui qui veut jouir d’un bonheur sans avoir eu à travailler dur
pour qu’il advienne. Triste de ne pouvoir assouvir son désir, il est souvent
vaincu et conquis par ceux en qui la joie est plus forte que tout. Et qui
malheureusement sont la cible première de sa haine.
[1] BOECE, Consolation de la philosophie, Paris,
s.l.,s.d., p.79
[2] J.
BAUDRILLARD, La société de consommation.
Ses mythes, ses structures, Paris, Denoël, 1970,p.17.
[3] BOECE, Consolation de la philosophie, p.11
[4]Ibid, p.75
[5]Ibid p.72
[6] G.
LIPOVSKY, Le bonheur paradoxal. Essai sur
la société d’hyperconsommation, Paris, Gallimard, 2005, p. 420.
[7] BOECE, Consolation de la philosophie, p.75
[8] SAINT
AUGUSTIN, La mémoire et le temps, Paris,
Ed. Mille et une nuits, 2004, p.9
[9] P.
VALERY, Regards sur le monde actuel,
Paris, Gallimard, 1945, p. 91-92 et 79-80
[10] Ibid.,
p. 72
[11] ALAIN, Propos sur le Bonheur, Paris, Gallimard,
1928, p. 140
[12] ALAIN, Propos sur le Bonheur, p. 140-141
[14] BOECE, p. 71s
[16] P.
RICOEUR, Soi-même comme un autre,
Paris, P.U.F., 1990, p. 217
[17]
J.F. MALHERBE, « La connaissance de
la foi » in Initiation à la pratique
de la théologie, Paris, Cerf, 1982, p. 544
[18] ALAIN, Propos sur le Bonheur, p.264
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